Territoires non cédés de la Nation algonquine Anishinaabe [OTTAWA], 27 octobre 2026 :
À la veille du sommet entre le Canada et l’Union européenne (EU), qui aura lieu les 29 et 30 octobre prochain à Montréal, le Réseau action climat Canada (CAN-Rac) et le Réseau d’action pour le climat (CAN) Europe (CAN Europe), représentant ensemble plus de 400 organisations, appellent les dirigeants canadiens et européens à faire d’une action climatique ambitieuse une priorité de leur collaboration grandissante.
Alors que les leaders s’apprêtent à façonner l’Alliance pour l’avenir du Canada et de l’UE , annoncée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen lors de son discours sur l’état de l’Union le mois dernier, CAN Europe et CAN-Rac ont publié une déclaration commune les exhortant à bâtir un partenariat qui mène notre planète, nos économies et nos sociétés vers un chapitre prospère.
Face aux pressions qui pèsent sur le multilatéralisme, à l’intensification de la crise climatique et à la tenue de la COP31 une semaine seulement après le sommet, l’alliance doit aider à construire un avenir énergétique résilient, abordable et exempt d’énergies fossiles. Les organisations avertissent toutefois que la déclaration actuelle du sommet manque des engagements décisifs nécessaires pour réaliser une transition juste à l’échelle mondiale.
Il y a urgence. Partout au Canada et en Europe, des feux de forêt dévastateurs, des vagues de chaleur extrême et des inondations frappent de plein fouet nos communautés, avec un bilan humain et économique de plus en plus lourd. Rien qu’en Europe, les vagues de chaleur de cet été ont causé la mort de plus de 30 000 personnes, avec des pertes économiques estimées à 180 milliards d’euros. Au Canada cet été, d’importants feux de forêt ont fait rage, rendus deux fois plus probable et plus intense en raison des changements climatiques d’origine humaine, et ont contraint des dizaines de milliers de personnes à fuir leur foyer.
En tant que grands producteur et importateur d’énergies fossiles, respectivement, le Canada et l’UE ont à la fois la responsabilité et l’opportunité de renforcer la sécurité et l’accessibilité énergétique en accélérant la transition vers un avenir sans énergies fossiles.
CAN-Rac et CAN Europe appellent le Canada et l’Union européenne à :
- Renforcer les priorités climatiques, économiques et de sécurité énergétique en bâtissant des économies qui permettent d’accélérer la transition vers les énergies renouvelables, de pérenniser nos économies, de renforcer la résilience climatique et la sécurité et la souveraineté énergétique globale.
- Approcher la diversification des relations commerciales comme un vecteur de décarbonisation en réduisant notre dépendance aux énergies fossiles plutôt qu’en créant une nouvelle route d’approvisionnement en GNL vers l’UE, et en mettant en place un partenariat commercial transatlantique solide qui soutient les objectifs climatiques.
- Miser sur l’électrification, les réseaux électriques et l’efficacité énergétique en développant une électricité fondée sur les énergies renouvelables, le stockage d’énergie, l’électrification industrielle, les thermopompes, et les véhicules électriques en vue de réduire les émissions, de diminuer les factures de l’énergie et de renforcer la sécurité énergétique.
- Démontrer ce qu’une coopération fondée sur des valeurs communes peut apporter en défendant le multilatéralisme climatique, l’Accord de Paris et en collaborant avec les pays du Sud pour faire progresser une transition juste.
- Réformer la finance internationale pour accélérer l’action climatique en renforçant l’ambition, la qualité, l’accessibilité et la mise en œuvre du financement climatique, en accélérant la réforme des banques multilatérales de développement et en consolidant la coopération fiscale internationale pour appuyer une transition juste et équitable.
Caroline Brouillette, directrice exécutive du Réseau action climat Canada, a déclaré :
« La grande question qui se pose au Canada et à l’Union européenne en cette période géopolitique critique, et à la veille de la COP31, est de savoir si cette alliance saura propulser nos pays vers l’avenir ou alors nous ancrera dans le passé. Tirons parti de cette opportunité de coopération unique pour renforcer notre sécurité économique et énergétique grâce à une collaboration commerciale fondée sur les énergies renouvelables, résilientes. Alors que nous sommes confrontés à une intensification de la crise climatique et de ses impacts, et à la volatilité des marchés énergétiques, cette alliance entre le Canada et l’Union européenne doit mettre fin à notre dépendance aux énergies fossiles, développer nos ressources énergétiques fondées sur les énergies renouvelables en misant davantage sur des solutions qui renforcent nos communautés et accélèrent notre transition.Le Canada et l’UE ne doivent pas seulement tenir tête aux États-Unis; ils doivent se tenir debout aux côtés du monde entier, avec une vision ambitieuse de notre avenir collectif et d’un ordre mondial qui inclut tout le monde, au-delà de l’Atlantique Nord. »
Chiara Martinelli, directrice au Réseau action climat Europe, a déclaré :« Une ‘Alliance pour l’avenir’ ne peut mériter son nom que si elle tient ses promesses envers les communautés et la planète. Alors que les effets des changements climatiques s’intensifient à l’échelle mondiale, que les tensions géopolitiques s’exacerbent et que la COP31 approche à grands pas, l’UE et le Canada doivent montrer que la coopération peut véritablement relever les défis majeurs de notre époque, à commencer par une action climatique ambitieuse.
Ça veut dire tourner le dos aux énergies fossiles au profit des énergies renouvelables produites localement, tout en renforçant le financement de la lutte contre les changements climatiques et en soutenant une transition juste avec les pays du Sud. C’est là la voie vers un avenir sécuritaire, prospère et abordable. »
Esther Bollendorff, responsable du programme sans énergies fossiles, Réseau action climat Europe, a ajouté :
« Le Canada ne doit pas devenir le prochain fournisseur de gaz naturel liquéfié (GNL) de l’Europe, mais un partenaire dans la construction d’un avenir énergétique propre et résilient. L’étude de faisabilité proposée concernant les exportations à long terme de GNL vers l’Europe est une diversion dangereuse par rapport aux véritables solutions pour la résilience et la sécurité énergétique : les énergies renouvelables, l’électrification fondée sur ces énergies et l’efficacité énergétique. Elle risque de nous enfermer dans des infrastructures d’énergies fossiles obsolètes, de créer des actifs bloqués et d’entraîner une hausse des factures d’énergies pour les consommateurs des deux côtés de l’Atlantique, tout en mettant à mal les objectifs climatiques de l’Europe.
« Après les deux dernières crises du pétrole et du gaz, toutes deux liées à la dépendance de l’Union européenne à l’importation d’énergies fossiles – d’abord de la Russie, puis du Moyen-Orient, nous devons aller au-delà du gaz pour sécuriser des sources d’énergies renouvelables nationales, abordables et résilientes. »
La déclaration commune du Réseau action climat Canada et de CAN Europe est disponible ici.
-30-
Climate Action Network – Réseau action climat (CAN-Rac) Canada est le plus vaste réseau d’organisations travaillant sur les questions liées aux changements climatiques et à l’énergie au Canada. Il s’agit d’une coalition de près de 200 organisations opérant d’un océan à l’autre. Nos membres rassemblent des groupes environnementaux, des syndicats, des Premières Nations, des organisations de justice sociale, de développement, de santé et de jeunesse, des groupes religieux et des initiatives locales.
Pour plus d’informations ou pour organiser une entrevue, contactez :
Audrey Robillard, Coordinatrice des communications bilingues
audreyrobillard@climateactionnetwork.ca