Published On: juin 2, 2026

Territoires non cédés de la Nation algonquine anishinaabe [OTTAWA], 2 juin 2026 :

Un nouveau sondage révèle que deux Canadien.ne.s sur trois sont favorables à une taxe sur les bénéfices exceptionnels des compagnies pétrolières et gazières, alors que ces dernières enregistrent des bénéfices records grâce à la fermeture du détroit d’Ormuz, tandis que les prix de l’énergie restent inabordables pour les consommateurs.

Le sondage national, réalisé par Liaison Stratégies pour Retroussons-nous les manches pour le climat et Climate Caucus, révèle que 66 % des Canadien.ne.s sont favorables à une taxe sur les bénéfices exceptionnels, dont les recettes serviraient à aider les ménages à réduire leurs factures d’énergie. Le soutien est le plus élevé en Ontario (69 %) et au Québec (73 %), et les trois quarts des électeurs.trices libéraux (74 %) sont favorables à cette taxe. Seuls 24 % des personnes interrogées s’opposent à cette proposition.

Selon une étude du Centre for Future Work, la perturbation de l’approvisionnement en pétrole résultant de la guerre Israélo-américaine en Iran coûterait aux ménages canadiens entre 50 et 129 milliards de dollars, en fonction de la durée de la fermeture du détroit d’Ormuz — même si le pétrole et le gaz consommés par les Canadiens n’y transitent pas. L’inflation pourrait alors croître par entre 4,2 et 8,6 %.

Quatre des plus grandes sociétés pétrolières et gazières présentes au Canada sont détenues à 60 % par des intérêts américains, ce qui signifie que ces bénéfices finissent dans les poches d’actionnaires américains au lieu d’être réinvestis au Canada.

Une taxe de 75 % sur les bénéfices dépassant de 120 % les niveaux d’avant la crise permettrait de générer environ 46 milliards de dollars. Cette somme pourrait être reversée aux Canadiens, tout en laissant aux compagnies pétrolières et gazières des milliards de dollars de bénéfices.

En adoptant un impôt sur les bénéfices exceptionnels, le Canada emboîterait le pas à des pays comparables, tels que le Royaume-Uni, qui en a instauré un en 2022 à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’Union européenne envisage également de mettre en place un tel impôt.

Citations :

David Miller, coprésident de la campagne Retroussons-nous les manches pour le climat et ancien maire de Toronto :

« Les investissements nécessaires pour élaborer et mettre en œuvre une stratégie nationale en matière de résilience solide et bien financée sont considérables. L’argent existe, mais il se trouve dans les poches d’actionnaires de multinationales — principalement américaines — qui profitent des profits exceptionnels générés par la guerre. Il est impératif que le premier ministre Carney écoute les centaines de dirigeants municipaux qui réclament des solutions aux crises croissantes et interdépendantes liées à l’accessibilité financière et aux impacts climatiques qui dévastent nos communautés. La population a clairement exprimé son souhait d’une politique climatique qui renforce la nation, et il est évident qu’il y a suffisamment d’argent disponible si les entreprises à l’origine du problème – ces géants pétroliers multinationaux – paient pour le résoudre. »

Anne-Céline, Analyste climat-énergie, Nature Québec : 

« Un signal fort est envoyé aujourd’hui par 73% de la population du Québec au gouvernement fédéral : il est plus que temps que les pétrolières et gazières cessent de profiter allègrement de la guerre au Moyen-Orient pour gonfler les poches de leurs actionnaires pendant que les Québécois-es paient de plus en plus cher pour mettre du pain sur la table, se loger ou encore se déplacer. Taxer leurs super-profits et les redistribuer équitablement à travers des mesures bonnes à la fois pour le portefeuilles des ménages et l’environnement est la voie à privilégier. »

Caroline Brouillette, Directrice exécutive, Réseau action climat Canada :

« Les compagnies pétrolières et gazières américaines profitent de la guerre et de la destruction à une échelle stupéfiante, tandis que les Canadien.ne.s peinent à joindre les deux bouts. Notre gouvernement doit les tenir responsables. Une taxe sur les superprofits pourrait financer cinq à dix ans de transport en commun gratuit partout au pays – ou quatre à cinq millions de pompes à chaleur – afin d’aider les Canadiens à se libérer de leur dépendance aux combustibles fossiles instables. D’autres pays montrent l’exemple, et les deux tiers des Canadien.ne.s sont favorables à une telle taxe : il est temps que le gouvernement fédéral emboîte le pas. »

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Retroussons-nous les manches pour le climat est une campagne portée par des élu·es locaux qui croient à l’importance d’investir dans des projets nationaux pour protéger notre économie, générer des emplois durables et lutter contre les changements climatiques, afin de répondre à la double menace des tarifs et de l’urgence climatique. Plus de 270 mairesses, maires, conseillères et conseillers d’un océan aux autres font partie de ce mouvement grandissant, représentant près de la moitié de la population canadienne.

Climate Action Network – Réseau action climat (CAN-Rac) Canada est le plus vaste réseau d’organisations travaillant sur les questions liées aux changements climatiques et à l’énergie au Canada. Il s’agit d’une coalition de près de 200 organisations opérant d’un océan à l’autre. Nos membres rassemblent des groupes environnementaux, des syndicats, des Premières Nations, des organisations de justice sociale, de développement, de santé et de jeunesse, des groupes religieux et des initiatives locales.

Pour plus d’informations ou pour organiser une entrevue, contactez :

Alex Cool-Fergus, Directrice, Affaires Publiques, Climate Caucus
alex@climatecaucus.ca

Alexander Walsh, COPTICOM, Stratégie et relations publiques
awalsh@copticom.ca

Vicky Coo, Directrice des communications, Réseau action climat Canada
comms@climateactionnetwork.ca