Le Réseau Action Climat Canada réagit à la décision de Teck
Territoire traditionnel non cédé du peuple anishinabé algonquin [Ottawa], 24 février 2020 :
La décision de Teck Resources d’annuler sa propre proposition pour la mine de sables bitumineux Frontier était à la fois surprenante et prévisible en ce moment historique où l’urgence climatique transforme une grande partie du monde, y compris les marchés mondiaux de l’énergie. Le fait qu’un développeur du secteur privé soit parvenu à clarifier l’incohérence entre les engagements du Canada en matière de climat et ses décisions en matière d’infrastructure énergétique constitue un défi bienvenu pour les gouvernements canadiens.
Il s’agit d’une victoire claire pour le climat, en diffusant une bombe de carbone qui aurait vu le Canada ajouter 6 MT supplémentaires d’émissions par an au cours des quarante prochaines années, ce qui rendrait impossible pour le Canada d’atteindre zéro émission nette en 2050.
Plutôt que de se dissoudre dans leurs querelles rétrogrades habituelles, les gouvernements canadiens doivent profiter de ce moment pour enfin assumer la conversation prospective qu’ils retardent depuis une décennie au sujet de l’économie canadienne dans un monde en réchauffement. L’inquiétude des investisseurs que Teck cite dans sa décision concernant l’absence d’un cadre dans ce pays qui réconcilie le développement des ressources avec la réalité du changement climatique et les droits et titres autochtones ne fera qu’augmenter dans les années à venir.
Les Canadiens souhaitent désespérément que le leadership politique mette de côté la confusion partisane et entame un dialogue national qui place les Canadiens sur la voie de la protection des gens et de la planète. Le Canada doit offrir un véritable soutien et de véritables options aux collectivités et aux travailleurs aux prises avec des changements comme l’automatisation, l’essor de l’économie à la tâche et le déclin inévitable des secteurs tributaires des combustibles fossiles. La «consultation» ne suffit pas aux communautés autochtones – une véritable relation de nation à nation nécessite des plans de cogestion et la pleine intégration de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones dans le développement futur des ressources et les politiques climatiques.
Le Canada est à la croisée des chemins et les gouvernements doivent faire un choix: avoir le courage de poursuivre un avenir sûr et sain pour les Canadiens ou continuer de faire face à l’opposition courageuse de ceux qui refusent de se faire voler leur avenir.
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CONTACT
Catherine Abreu
Directice générale, Réseau Action Climat Canada
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