Mémoire du Réseau Action Climat Canada : 23éme Conférence des parties (COP23) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) (Bonn, Allemagne, du 6 au 17 novembre 2017)
Le 25 octobre 2017
Contexte
Les parties de la CCNUCC se réuniront bientôt pour décider des prochaines étapes cruciales de la mise en application de l’Accord de Paris. Sous l’égide d’une CCNUCC présidée pour la première fois par un pays insulaire, Fidji, la COP23 mettra en place les bases de l’adoption des règles de l’Accord de Paris d’ici 2018 et clarifiera le processus du dialogue de facilitation de 2018. Les engagements nationaux actuels sont insuffisants pour atteindre l’objectif déclaré de l’Accord de Paris qui vise à limiter le réchauffement global à 1,5 degrés Celsius. La COP23 doit impérativement aboutir à des résultats forts afin d’établir les bases nécessaire à la garantie d’ambitions accrues d’ici 2020.
La contribution déterminée au niveau national du Canada est inférieure à la juste part que le pays doit prendre dans l’effort global de lutte contre les changements climatiques. Le CAN-Rac plaide en faveur d’une réduction des émissions nationales de gaz à effet de serre d’au moins 50 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030 et d’un financement climatique à hauteur de 4 milliards de dollars par an d’ici 2020[1]. Une application vigoureuse du Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques ainsi qu’un dialogue de facilitation réussi en 2018 sont essentiels pour placer le Canada sur la voie du dépassement de son objectif actuel de réduction des émissions de 30 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030.
Nos priorités pour le Canada à Bonn :
- Le Canada doit jouer un rôle constructif pour garantir que des progrès mesurables soient accomplis dans le cadre du programme de travail de l’Accord de Paris. L’achèvement, d’ici 2018, d’un ensemble de règles solides dans le cadre de l’Accord de Paris requiert que les pays présentent des solutions pour les éléments du cadre de transparence (en particulier la transparence de leur soutien), des directives pour les futures contributions déterminées au niveau national et l’architecture du bilan global. Même si le consensus ne sera pas atteint lors de la COP23 sur ces questions et sur d’autres enjeux, le Canada devra s’efforcer de garantir que les progrès dans certains domaines ne soient pas bloqués par la lenteur des négociations dans d’autres domaines et que les pays commencent à se coaliser avec pour objectif d’avoir des règles communes pour tous, prenant ainsi en compte les circonstances qui leur sont propres.
- Le Canada doit établir ses attentes pour le dialogue de facilitation de 2018 et s’assurer que la COP23 pose les bases d’un dialogue pour la COP24 qui inclue une révision à la hausse des NDC ainsi que des engagements financiers. La COP23 doit fixer un mandat clair pour la présidence de la COP24 au sujet des modalités du processus technique et politique du dialogue de facilitation de 2018 et de l’amélioration des ambitions avant 2020. La présidence canadienne du G7 de 2018 sera l’une des occasions de le faire.
- Le Canada doit jouer un rôle constructif pour l’obtention de résultats sur les pertes et les dégâts ainsi que sur l’adaptation et les financements. La présidence fidjienne de la COP23 a placé l’adaptation et les pertes et dégâts en tête de ses priorités, espérant obtenir des résultats concrets en la matière à Bonn. La COP23 se tient à la suite d’une série de catastrophes climatiques qui ont touché les petits États insulaires et le Sud Pacifique. Ces événements dévastateurs nous prouvent que nous sommes confrontés à de nouvelles réalités qui nécessitent pour y répondre des ressources et des outils inédits. Le Canada subit un réchauffement supérieur à la plupart des autres régions du globe. Cette tendance est particulièrement visible dans le Nord canadien qui a connu un réchauffement atteignant les 3 degrés Celsius au cours des dernières décennies. Les communautés autochtones du Nord et de l’ensemble du pays, ainsi que les communautés côtières du Canada ou celles dont l’économie dépend des ressources naturelles touchées par les changement climatiques, sont parmi les communautés les plus vulnérables du monde face à ces changements. Le gouvernement canadien doit par conséquent faire preuve de leadership au Canada et à l’étranger en proposant des idées innovantes pour aider les communautés les plus vulnérables du monde à affronter les pires effets des changements climatiques.
- Le Canada devra travailler à garantir que les visées mondiales pour une transition juste et un travail décent occupent une place centrale parmi les composantes pertinentes du programme de travail de l’Accord de Paris et du dialogue de facilitation de 2018. Une transition juste pour les travailleurs doit rester un thème permanent au sein du forum sur les mesures d’intervention dans le cadre de l’Accord de Paris. Il est crucial d’avoir un espace technique dédié, dans lesquels les pratiques exemplaires ou les situations problématiques peuvent être exposées, faire l’objet d’un débat et se voir reflétées dans le programme de travail. Il faudra recommander au SBI et à l’OSCST d’entreprendre un travail sur cette question au fur et à mesure de l’élaboration et de la mise en œuvre du programme de travail de l’Accord de Paris. Alors que le dialogue de facilitation de 2018 invite les parties à accroître leur NDC, le Canada devrait inclure dans son NDC des engagements de transition justes et encourager les autres parties à en faire de même. Les NDC soutenus par des feuilles de route pour un développement à faibles émissions de carbone sont indispensables à la construction d’une vision à long terme de la transformation de notre économie, mais aussi pour encourager les investissements durables. La prise en compte de l’emploi et de la transition juste les alignera avec les priorités sociales plus larges de chaque pays.
- Le Canada peut et doit jouer un rôle de leadership pour initier le développement d’un cadre international basé sur des principes de pratiques exemplaires et de solides assurances en matière d’intégrité environnementale pour les mécanismes de coopération et les mécanismes basés sur les marchés comme les transferts internationaux de résultats d’atténuation (ITMO).
- Nous sommes impatients de voir le Canada jouer un rôle de leadership sur les questions suivantes : la concrétisation de la plateforme des connaissances des peuples et des communautés locales, la concrétisation du plan d’action pour la parité hommes-femmes, la revendication d’une forte participation des organisations de la société civile au sein de la CNUCC.
CONTACT:
Catherine Abreu
Directrice générale, Climate Action Network – Réseau action climat Canada
+1 902 412 8953
catherineabreu@climateactionnetwork.ca
[1] http://climateactionnetwork-28b0.kxcdn.com/wp-content/uploads/2015/11/Road-Map-to-Paris-English-WEB1.pdf

